Honni soit qui #Mali penserait

Les rebelles putschistes ou Touaregs du Mali ne se réclament pas officiellement de Kadhafi mais il n’aura pas fallu longtemps pour que les anciens mercenaires du Guide Suprême post-colonialiste ne réveillent de vieux fantômes du désert. Anges ou démons, va savoir …

Non pas que l’auto-proclamation d’indépendance d’une province rebelle à peine grande comme la France au coeur de l’Afrique, un peu au nord de Gao et Tombouctou, fut-elle un peu gorgée de pétrole et plombée d’uranium un peu loin de tout (mais probablement exploitables aux cours actuels sinon il n’y aurait rien de nouveau sous le soleil du Sahara), soit un battement d’aile de l’Histoire de portée mondiale comparable à l’irrédentisme de Taiwan en son temps ou aux printemps arabes plus récemment, mais dans un monde au bord de la crise de nerfs, on ne sait jamais ce qui peut arriver, ni pourquoi, ni comment, ni jusqu’où …

Non pas que si les murs se mettaient à tomber dans les déserts, les possibles en viendraient à vaciller à nouveau dans les tasses à café des vieux lacaniens installés depuis longtemps aux terrasse de Saint Germain des Prés ou dans les universités américaines, ou que les prières pour les grands soirs criées à la Bastille atteindraient d’autres Capitales, sinon capitoles … mais quand le sable s’éveillera, le monde tremblera, aurait pu dire Bonaparte s’il n’avait été fasciné par les pyramides, comme tout souverain de France ou de Navarre qui se respecte mais envoit d’autres (en verra d’autres ?) prospecter s’il n’y aurait pas du pétrole sous le sable d’Afrique ou d’ailleurs.

Non pas que, même si un état nouveau venait à émerger des sables ici ou là en post-francophonie, voire à faire un peu tâche d’huile dans le désert des Touaregs ou dans ceux  d’autres Tartares, ça devrait inquiéter beaucoup les vendeurs de 4-4, de gros pneus et de petits téléphones portables made in Asia : ça fait un moment qu’on ne boit plus trop de Pastis dans le Sahara et que les traces de la mission Marchand sont écrasées par celles des buldozers d’ici ou là après avoir été effacées par les uns, balayées par les autres et juste oubliées par la France qui devait déjà avoir d’autres chats à fouetter, des campagnes électorales à gagner ou juste … piscine.

Ce qui est sûr, c’est que l’Empire de la zone Franc prend quand même encore un petit coup de canif, sinon de Kalachnikov. Non pas que la France comptait sur le Franc CFA pour gagner la guerre économique comme elle avait pu compter sur l’Afrique pour voler au secours de sa victoire la dernière fois que l’Europe s’est suicidée, mais ça complique toujours les meetings électoraux quand des indépendantistes provinciaux sont vus à la TV, même s’ils ne sont plus financés par Kadhafi (encore que, pour le coup, ça reste à vérifier, certaines valises ont la vie dure et certains comptes en paradis fiscaux survivent longtemps aux décès) et si Air France a succédé à UTA en Afrique.

Mais si Wall Street n’était pas fermé le Vendredi Saint, ça pourrait quand même troubler un peu les traders les plus juniors, voire les plus vieux qui ont lu « De Sarajevo à Sarajevo » et savent que l’Histoire tient souvent à quelques grains de sable, sur les marchés un peu hypersensibles en ce moment, qu’on s’aperçoive que le roi est nu ce qui est construit sur du sable n’est pas invulnérable en cas de secousse sismique, même lointaine, même très souterraine, même pas très tsunamesque à première vue …

Un petit grain de sable dans le Sahara diront les lecteurs du Petit Prince les moins #InRealLife, un caillou dans le pied de l’avenir doit songer Attali sûrement déjà occupé à écrire une autre brève histoire, un risque d’avalanche pour le monde tel qu’il est s’inquiètent certainement les diplomates les moins amateurs de danse au dessus des volcans qui respirent comme une odeur de jasmin derrière celle de la poudre et d’autres senteurs mystérieuses ? C’est un roc, un cap, une péninsule … « Veulent que cette chute ait la grâce d’un vol » sourirait certain poète qui savait regarder la lune quand d’aucuns le montraient du doigt (ou lui jetaient des poutres, faute de pierres, mais on ne joue pas les grains de sable sans risques de retour de bâton).

Bon vent, du désert bien sûr, aux Touaregs d’Azawad : puisse une belle lune être au bout de vos fusils et la paix accompagner vos pas vers l’avenir. Marchez doucement, sur cette terre, les morts s’y reposent (proverbe amérindien).

* * *

RF 6 avril 2012.

L’Afrique ne se raconte pas, elle se rêve (cf « Lapin », dans : « Le Bonheur est dans le Pré ») mais on peut aller lire sur d’autre lunes et d’autres déserts dans les e-books et autres publications du même auteur (de même hauteur ?) plus ou moins sur l’avenir urbi et orbi, plus que moins sur le présent chez Ubu et ailleurs, pouvant contenir des traces d’humour mais c’est sans danger, sauf en cas d’allergie sérieuse auquel cas on recommande de s’abonner à un groupe Facebook de militants politiques en état de choc pré-électoral, de devenir fan de http://www.france.fr ou de regarder Public-Sénat TV l’après-midi, plutôt que de “liker” Café du matin à Paris ou de se promener dans les pages un peu “sideways” du blog.

          
          
         
   
       

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