Alstom passe sous pavillon allemand. Comment s’en indigner sans être ridicule ?

http://frenchonomics.wordpress.com/2017/09/26/alstom-du-genou-en-terre-au-second-pied-dans-la-tombe-derniere-victime-en-date-de-letrange-defaite-economique-francaise/

C’est curieux, toutes ces consciences qui se réveillent parce que Siemens ramasse les dernières poussières de feu l’Empire Alcatel-Alsthom (qui s’appela longtemps CGE, puis Alstom sans Alcatel, ni « h », sur la fin, mais peu importe, l’essentiel n’est ni dans le nom, ni dans le périmètre, mais dans l’actionnariat), réduit à un business déclinant de matériels ferroviaire pour lequel la boite n’avait plus, ni la taille critique, ni la crédibilité du temps où elle était de loin leader mondial pour le TGV, et dans la Champions League pour les métros.

On n’avait, pourtant, pas entendu beaucoup de twits rageurs quand Lafarge est devenu suisse, quand Technip est passé sous pavillon américain, quand Schneider est discrètement parti à Hong-Kong, etc etc etc hélas, trois fois, trois cent, trois mille fois hélas … ni quand des quarterons de startup gavées de subventions s’échappaient aux Etats-Unis ou en Asie avec ou sans entremise d’ex hauts fonctionnaires et/ou politiciens défroqués, mais toujours sous les applaudissements bien nourris des grands enfants prodiges exilés précoces, et le soutien souriant avec l’argent des autres de tous les apparatchiks de « machins » biberonnés sur budgets de la FrenchTech, crédits de la diplomatie économique, ou autres taxes sur les entreprises -encore- rentables pas -encore- organisées pour échapper à la fiscalité française.

Mais comment s’étonner de voir filer les boites à peu près viables d’un pays qui dissuade fiscalement l’actionnariat « populaire » depuis des décennies en poussant les citoyens français à stériliser leur épargne dans un immobilier stupidement coûteux, qui refuse idéologiquement de laisser émerger des fonds de placement susceptibles de capitaliser les boites n’ayant pas la possibilité, ou pas envie, de mendier chez  BPIFrance ou aux guichets régionaux claquant le fric des con…tribuables et creusant les déficits publics et la dette (tombe ?) des générations futures ?

Et comment prendre au sérieux les cris d’orfraie de patriotes économiques qui roulent made in Germany dés qu’ils ont les moyens d’acheter un panzer 4/4 de dealer pour faire emmener les gosses à l’école, une limousine à banquette arrière en vison pour aller en rdv plus ou moins crapuleux aux heures de bureaux, et un cabriolet Cooper pour leur partenaire sexuel(le) favori(te) ?

Enfin, comment ne pas s’inquiéter pour les quelques grosses boites, pépites solides et jeunes pousses « françaises » à peu près gérées et pas vérolées par des obligations de service public, ni irrémédiablement plombées par des décennies de déconomie mixte, qui n’ont pas encore émigré vers des cieux plus business-friendly, dont l’actionnariat n’est pas encore majoritairement américain, chinois, qatari, etc … ?

RF – Début d’automne 2017

PS : ceci twitté, c’est « normal » que ça foire, Hollande s’en était mêlé … #pasdebol

Alstom Na

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