Allez les Bleus ! (Essayez d’être à la hauteur cette fois)

En passant

France Football ClairefontaineJe ne dis pas que ça me transporte d’émotion de voir ces gens accrochés à un vieil escalier d’hôtel, parmi lesquels je ne reconnais que quelques visages, dont celui d’un ancien champion du monde, d’un joueur marseillais que j’ai vu débuter dans un village provençal, et du Français qui joue au Bayern, et puis du président de la République, aussi amoindri et insignifiant qu’un géronte du Soviet Supême genre Andropov à la veille de la mort de l’URSS, et d’une ministre dont j’ignorais qu’elle était chargée des sportifs, semblant bien trop petite pour le ballon avec lequel elle s’amuse (nb que le ballon prévu pour François Hollande a finalement été caché derrière ses talons, c’est déjà moins ridicule que s’il se le tenait devant le ventre).

Je dis que les gars ont mouillé le maillot, chanté la Marseillaise, et gagné contre la Norvège, ce qui est ce qu’on leur demande, et ce pour quoi ils sont sélectionnés, logés, nourris et rémunérés, ni plus, ni moins.

Alors je crois que nous autres citoyens devons faire pareil, ni plus, ni moins, que notre devoir de patriotes décents : soutenir moralement l’équipe de France qui s’est qualifiée pour la coupe du monde de football au Brésil, sans nous faire une montagne national-populiste de ce qui n’est qu’un sport, ni cracher dans la soupe, d’autant que comme on est nuls à la guerre, pathétiques en business, et même plus en première division européenne pour l’école et la culture (qui dans le monde réel en dehors des spectateurs de France TV et Canal+ a entendu parler d’artistes ou intellos contemporains du pays de l’exception culturelle à la Filippetti, sauf peut-être de Twin-Twin au Danemark, de Carla Bruni en Italie, et de Gérard Depardieu en Russie ?), autant se raccrocher à cette branche en espérant que nos gars passeront le premier tour sans faire grève dans un bus sous les caméras du monde entier comme en Afrique du Sud avant leur élimination lamentable, que les apparatchiks du foot ne feront pas de scandale comme quand ils claquaient des fortunes en grands vins en Corée du Sud tandis que les joueurs ne gagnaient pas un match, et que les supporters français ayant payé leur billet ou invités par des lobbies sauront être discrets dans les bordels et les hôtels, et pas trop indécents sur les plages et aux cocktails mondains.

Allez les Bleus !

Renaud Favier – 29 mai 2014

PS : je sais que je ne devrais pas twitter ça, mais ça fait plus penser au luxueux sanatorium suisse de « La Montagne Magique », de Thomas Mann, qu’à du football, plus aux poussiéreux fantômes d’Europe en confortable transit à Davos, descendant leur escalier vers le suicide de la Grande Guerre, qu’à l’Equipe de jeunes sportifs français de 1998 qui avait sèchement, presque tristement, renvoyé les Brésiliens à leurs plages après avoir tremblé contre un Paraguay calculateur et efficace qui aurait pu créer la mauvaise surprise dés le début du tournoi, failli sombrer face à une Croatie pas moins forte que la France cette année-là, et surnagé d’extrême justesse dans sa confrontation avec une Italie qui n’a pas eu de chance ce jour-ci (pour ne rien dire de la superbe équipe de 1958 qui avait tenu tête au Brésil magique du jeune Roi Pelé) cette photo, ces gens, cette situation, cette atmosphère … http://www.youtube.com/watch?v=BKAVf-O24Bo

La montagne magique - Thomas Mann

 

 

 

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« Au-dessus de Lachenal et Herzog, il n’y avait plus que le ciel » : Adieu, Premier(s aux) 8000

Maurice-Herzog-au-sommet-de-l-Annapurna

Bravo, Monsieur. Même si pas pour tout. Merci aux conquérants (pas seulement ceux de l’inutile sur les photos, pas juste aux « utiles » sur lesquels on écrit). A plus tard, car même nous, humains anonymement parfaits, rejoindrons les autres, forcément imparfaits, (de) là-haut(e montagne).

annapurna-1

Ce sont les vivants, comme vous, qui écrivent des ; les histoires l’Histoire, même dans le cloud. Et ceux qui trouvent que votre photo n’est pas prise exactement sur le sommet (c’est vrai que quand on fait les choses pour les journalistes, Français et autres experts en commentaire en chambre ou plateaux TV, mieux vaut faire au plus simple), que vous eussiez mieux fait de construire un cairn (ou au moins d’enterrer vos gants au sommet, tant qu’à les égarer, si ça manquait de lourdes pierres ou si vous étiez un peu essoufflé, là-haut) et que ça ne se fait pas de dire des vulgarités devant des jeunes filles, fussent-elles de votre sang, ou de n’être qu’un homme, même de la race des « César », le sont moins que vous ne le resterez pour toujours, avec vos défauts et secrets.

Planète Montagne

Le reste est littérature. Que Maurice ait été Lyonnais, HEC, même pas communiste (un chien, donc …) comme le « vrai » Herzog, même pas alpiniste comme le « vrai » guide (Lachenal, qui co-conquis le sommet, mais la cordée était longue), et surtout humain, férocement humain, fait bien sûr de lui un être assez méprisable, limite mauvais … français.

Let Them Talk

Comme d’autres de son époque, genre ce Neil Armstrong qui n’a même pas daigné être français, ce JFK qui n’a pas consacré une heure de son temps à intervenir dans des conférences à 100 000 dollars de l’heure pour aider l’humanité à dépasser ses frontières, ou ces marins précurseurs des évadés dits « fiscaux ». En plus, faire de la notoriété, voire de l’argent, et même carrière, en écrivant avec la sueur, fut-elle la sienne, ce n’est pas bien, même si on n’exile pas les droits d’auteur (de hauteur, pour Herzog).

Longue route, indeed

L’Histoire est, depuis toujours, écrite par les vainqueurs, quand bien même auraient-ils perdus leurs doigts dans la bataille et seraient montés, oh ! bien haut, mais pas seuls. Quand bien même d’autres écriraient aussi leur(s) vérité(s), le monde à leurs yeux, plus tard.

HERZOG-Felicite

Ce n’est certainement pas un hasard si « Histoire » et « Victoire » sont frère si proches, comme des compagnons de cordée. Si l’on osait tendre l’oreille là-où on n’ira jamais, mais où eux sont allés … Si l’on avait l’audace de prendre la plume pour tenter d’ajouter quelques vains mots par-desus ceux des vrais conquérants de l’inutile et les silences de leurs sherpas et de tout ceux sans lesquels l’inutile historique serait resté une simple victoire impossible … On aurait tort. Demande t’on à Léonard si un disciple n’aurait pas esquissé le sourire de Mona Lisa ? Insulte t’on Colomb pour lui barguigner le décalage horaire avec un viking ou Amerigo lorsqu’il posa le pied sur le Nouveau Monde ? Sous-entendrait-on que Napoléon n’eut point mis à genou l’Europe entière sans l’aide de la Providence, à Austérlitz, Iéna ou Lodi, entre autres ? Oserait-on murmurer que de Gaulle lui-même, du haut de ses près de 2 mètres d’où il contemplait, sinon 40, au moins 10 ou 20 bons siècles d’Histoire de France, eût été rouleau-compressé par petit un caporal, même pas corse, à peine HochDeutschophone, voire tout juste autrichien, sans quelques soutiens, amis et ennemis étrange(r)s ?

L’impossible fut français, le 3 juin 1950, c’est comme ça.

Maurice Herzog et Louis Lachenal ont ensemble fait reculer une frontière sans faire couler autre sang et larmes que les leurs, qui étaient bleus en ce temps là. C’est comme ça.

Ensuite, d’autres montèrent plus haut, sur le toit du monde avec un meilleur appareil photo, d’abord, puis sur le sol lunaire, avec une caméra de télévision, en attendant mieux, toujours plus haut, plus vite, plus fort. Ce sera toujours comme ça.

Et le vent de l’Histoire effaça les marques du premier de cordée, la trace du second, et les larmes de bonheur de tous.

Les sangs bleu et rouge, et même les larmes blanches, furent vite recouvertes d’une neige immaculée attendant patiemment le retour des conquérants, là-haut.

Tout le reste, c’est de la littérature au mieux, journalisme au pire. Pas l’Histoire écrite en-bas, mais qu’on ne peut lire que là-haut. Celle qui fut quelques jours, peut-être seulement quelques heures, en juin 1950, trois ans avant que l’Everest lui-même ne soit foulé d’un premier pas humain.

Mais c’est une autre Histoire.

Ou la suite d’une l’Histoire sans fin …

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Mais bon Dieu, que l’Annapurna ressemble au Cervin !

Là-Haut

Au-dessus de toi (et par-dessus tous les toits, n’en déplaise aux Rimbaldiens aux semelles de vent ou de plomb), il y a(ura) toujours le ciel. Ce sera pour toujours comme ça.

Maurice Herzog, plus tard

Adieu, bravo, merci, Monsieur. Et à un de ces jours, mais il n’y a par d’urgence.

Renaud Favier – 15 décembre 2012 – Version anglaise

Noël, c’est déjà bien : http://joyeuxnoel2012.wordpress.com/les-bonus-de-noel-2012/

Cliquer vers 2013, par principe de précaution : http://bonneannee2013.wordpress.com/

Anyway, qu’on soit, ou pas, passionné par tel ou tel inutile plus ou moins élevé, fasciné par tel ou tel conquérant d’y-celui, intéressé par tel ou tel ouvrage sur y-ceux, et/ou surtout sensible à la hausse du prix du café aux comptoirs parisiens (le café du matin reste gratuit sur http://www.facebook.com/cafe.matin.paris ) … si on peut soulever un Kindle et si on sait télécharger sur Amazon, on peut emporter dans sa poche pour le prix de quelques café en terrasse une bibliothèque électronique entière garantie sans lipides plus ou moins insaturés, ni sucres plus ou moins lents, ni éléments de langage achetés à prix d’or et distribués sous forme de tracts pour les marchés ou d’éructations pour les caméras, dés maintenant « tout soudain ». Quelques échantillons sur Amazon en cliquant sur les icônes.

        

Si on a un SmartPhone ou un hybride moderne, on peut également lire online ou télécharger plein de livres électroniques sur la plateforme française Youscribe (nb le format pdf disponible sur Youscribe est assez pratique sur grand écran et moins fantaisiste que ePub à l’impression en format A4). Quelques exemples en cliquant sur les icônes ci-dessous (nb le tome 6 de « Et maintenant ? », paru mi-novembre, est téléchargeable gratuitement).

               
               
         
           
          

Et si on préfère lire ce qui est gratuit, rapport à l’argent, ou parce qu’on en fait une question de principe, ou parce que c’est la crise, par exemple, on n’a qu’à cliquer sur les icônes ci-dessous pour télécharger des livres électroniques, mais pas tristes, à l’oeil.

      

Et puis, si on est vraiment fanatique de l’entrepreneurship et du commerce extérieur français qui ne s’est pas tellement amélioré depuis que la nouvelle Ministre achète des sacs à main made by France à l’étranger pour doper les chiffres de l’export en mouillant elle-même le chemisier mais ne commente plus trop les chiffres mensuels dans les médias ou le cloud (pour l’ordre du jour du conseil des ministres, ça dépend, on verra après le vote du budget quand le sujet du mariage pour tous sera passé de mode, si celui de l’entreprise sociale et solidaire sur subventions directes ou indirectes ne monopolise pas le débat jusqu’à ce qu’on parle de décentralisation), ou passionné par la compétitivité des entreprises françaises avant les éléments de langage des conseillers en communication de Montebourg ; le rapport Gallois ; le Plan Hollande au XXIè siècle, ou si on a un peu besoin de se documenter sur le sujet en mode “think different” pour son boulot ou ses études et qu’on a déjà écouté l’interview de la ministre le 20/11 sur Public Sénat TV (http://ils-l-ont-dit-sur-publicsenat.tumblr.com/post/36154557401/nicole-bricq-etait-linvitee-de-preuves-par-3), on peut aussi e-lire gratuitement sur le sujet en cliquant ci-dessous, en attendant le grand plan nationo-régional de compétitivité export.

          

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Honni soit qui #Mali penserait

Les rebelles putschistes ou Touaregs du Mali ne se réclament pas officiellement de Kadhafi mais il n’aura pas fallu longtemps pour que les anciens mercenaires du Guide Suprême post-colonialiste ne réveillent de vieux fantômes du désert. Anges ou démons, va savoir …

Non pas que l’auto-proclamation d’indépendance d’une province rebelle à peine grande comme la France au coeur de l’Afrique, un peu au nord de Gao et Tombouctou, fut-elle un peu gorgée de pétrole et plombée d’uranium un peu loin de tout (mais probablement exploitables aux cours actuels sinon il n’y aurait rien de nouveau sous le soleil du Sahara), soit un battement d’aile de l’Histoire de portée mondiale comparable à l’irrédentisme de Taiwan en son temps ou aux printemps arabes plus récemment, mais dans un monde au bord de la crise de nerfs, on ne sait jamais ce qui peut arriver, ni pourquoi, ni comment, ni jusqu’où …

Non pas que si les murs se mettaient à tomber dans les déserts, les possibles en viendraient à vaciller à nouveau dans les tasses à café des vieux lacaniens installés depuis longtemps aux terrasse de Saint Germain des Prés ou dans les universités américaines, ou que les prières pour les grands soirs criées à la Bastille atteindraient d’autres Capitales, sinon capitoles … mais quand le sable s’éveillera, le monde tremblera, aurait pu dire Bonaparte s’il n’avait été fasciné par les pyramides, comme tout souverain de France ou de Navarre qui se respecte mais envoit d’autres (en verra d’autres ?) prospecter s’il n’y aurait pas du pétrole sous le sable d’Afrique ou d’ailleurs.

Non pas que, même si un état nouveau venait à émerger des sables ici ou là en post-francophonie, voire à faire un peu tâche d’huile dans le désert des Touaregs ou dans ceux  d’autres Tartares, ça devrait inquiéter beaucoup les vendeurs de 4-4, de gros pneus et de petits téléphones portables made in Asia : ça fait un moment qu’on ne boit plus trop de Pastis dans le Sahara et que les traces de la mission Marchand sont écrasées par celles des buldozers d’ici ou là après avoir été effacées par les uns, balayées par les autres et juste oubliées par la France qui devait déjà avoir d’autres chats à fouetter, des campagnes électorales à gagner ou juste … piscine.

Ce qui est sûr, c’est que l’Empire de la zone Franc prend quand même encore un petit coup de canif, sinon de Kalachnikov. Non pas que la France comptait sur le Franc CFA pour gagner la guerre économique comme elle avait pu compter sur l’Afrique pour voler au secours de sa victoire la dernière fois que l’Europe s’est suicidée, mais ça complique toujours les meetings électoraux quand des indépendantistes provinciaux sont vus à la TV, même s’ils ne sont plus financés par Kadhafi (encore que, pour le coup, ça reste à vérifier, certaines valises ont la vie dure et certains comptes en paradis fiscaux survivent longtemps aux décès) et si Air France a succédé à UTA en Afrique.

Mais si Wall Street n’était pas fermé le Vendredi Saint, ça pourrait quand même troubler un peu les traders les plus juniors, voire les plus vieux qui ont lu « De Sarajevo à Sarajevo » et savent que l’Histoire tient souvent à quelques grains de sable, sur les marchés un peu hypersensibles en ce moment, qu’on s’aperçoive que le roi est nu ce qui est construit sur du sable n’est pas invulnérable en cas de secousse sismique, même lointaine, même très souterraine, même pas très tsunamesque à première vue …

Un petit grain de sable dans le Sahara diront les lecteurs du Petit Prince les moins #InRealLife, un caillou dans le pied de l’avenir doit songer Attali sûrement déjà occupé à écrire une autre brève histoire, un risque d’avalanche pour le monde tel qu’il est s’inquiètent certainement les diplomates les moins amateurs de danse au dessus des volcans qui respirent comme une odeur de jasmin derrière celle de la poudre et d’autres senteurs mystérieuses ? C’est un roc, un cap, une péninsule … « Veulent que cette chute ait la grâce d’un vol » sourirait certain poète qui savait regarder la lune quand d’aucuns le montraient du doigt (ou lui jetaient des poutres, faute de pierres, mais on ne joue pas les grains de sable sans risques de retour de bâton).

Bon vent, du désert bien sûr, aux Touaregs d’Azawad : puisse une belle lune être au bout de vos fusils et la paix accompagner vos pas vers l’avenir. Marchez doucement, sur cette terre, les morts s’y reposent (proverbe amérindien).

* * *

RF 6 avril 2012.

L’Afrique ne se raconte pas, elle se rêve (cf « Lapin », dans : « Le Bonheur est dans le Pré ») mais on peut aller lire sur d’autre lunes et d’autres déserts dans les e-books et autres publications du même auteur (de même hauteur ?) plus ou moins sur l’avenir urbi et orbi, plus que moins sur le présent chez Ubu et ailleurs, pouvant contenir des traces d’humour mais c’est sans danger, sauf en cas d’allergie sérieuse auquel cas on recommande de s’abonner à un groupe Facebook de militants politiques en état de choc pré-électoral, de devenir fan de http://www.france.fr ou de regarder Public-Sénat TV l’après-midi, plutôt que de “liker” Café du matin à Paris ou de se promener dans les pages un peu “sideways” du blog.