#France 2012 : même pas une équipe de foot, mais ça promet

C’est la crise ! En 2002, on avait 16 candidats à la présidence de la République ; en 2007, il en restait 12 ; cette année, on n’a plus de quoi constituer une équipe de foot : l’espoir pour la France, c’est que parfois ça galvanise l’équipe de jouer à 10. Et/ou déstabilise les adversaires.

Le capitaine souhaite jouer la seconde mi-temps. Ses supporters canal historique sont plutôt pour parce qu’il a essayé de faire le job et que ce n’est pas seulement sa faute si ça n’a pas marché. De fait, après un début un peu brouillon, il a au moins cessé les coups de boules.

Personne n’est sûr que son rival qui veut le brassard de patron soit au niveau sportif mais les apparatchiks du foot pro n’ont pas de meilleure suggestion et le public de la coupe de France aime bien les surprises de joueurs amateurs provinciaux qui renversent la table.

Quant au 3ème prétendant, celui qui espère que le capitaine sera expulsé et que le remplaçant a oublié ses chaussures, il a ses supporters mais même ses groupies savent qu’il a dynamité son club et qu’il joue pro, mais en division d’honneur, depuis 30 ans.

Les nostalgiques des belles équipes qui perdaient avec (+ ou -) de panache et autres amateurs du foot pieds nus dans la rue ont leur favori mais il faudrait vraiment un très gros malentendu pour qu’il lui suffise de râler avec éloquence pour prendre le brassard.

Quant aux verts, ils se trompent de match depuis une éternité, leur casting est pathétique depuis des siècles et leurs éléments de langage consternent leurs supporters amoureux les plus transis, mais cela n’empêche pas leur star du moment de (se) faire (des) illusion(s).

Sinon, les autres sont sur le terrain pour regarder passer les ballons pendant que leurs collègues non sélectionnés coupent les citrons : ça ne fera pas gagner la coupe du monde mais c’est un entrainement à bon niveau et ça fera plaisir à leurs amis de les voir à la TV.

Ce qui est incompréhensible, c’est que l’équipe de France joue déjà à 10 alors que celui qui est en principe le méchant que l’arbitre devait expulser est encore sur le terrain. Et plutôt en forme, d’ailleurs. Parce qu’à 9 contre 1, ça va laisser pas mal d’espaces aux adversaires.

Allez France ! quand même.

Comme le foot en salle de meeting coûte un peu cher aux organisateurs (lire : « aux contribuables qui financent les petites entreprises politiques ») et aux spectateurs (lire : »aux citoyens amenés en transport public subventionné ou en bus financé par le contribuable cf supra), que le public des marchés, sorties de stations de métro et autres salons (de l’agriculture, du livre ou whatever évènement mondain où les visiteurs citoyens font la queue sous la pluie ou le soleil trop chaud pour pouvoir payer leur billet pendant que les notables et autres invités boivent une coupe au salon VIP climatisé) n’est pas tellement passionné par le serrage de mains ou les prospectus et que le principe d’égalité des temps de parole à la TV va amener les téléphiles les plus fanatiques à regarder les chaînes étrangères sur le câble ou à passer au replay sur ordinateur, c’est sur Twitter que les joueurs et leurs supporters attendent leurs adversaires de pied ferme … peut-être.

* * *

RF 20 Mars 2012. Retour vers des e-books et autres publications plus ou moins sur l’avenir en chantant (enchanté ?) urbi et orbi, plus que moins sur le présent Ubu etc … avec la dose d’humour réglementaire recommandée en saison électorale 2012 en France.

          
          
         
       
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Les mots râlent, en français du 21ème siècle

Sartre avait emprisonné (empoisonné ?) le concept des mots aux 20è siècle, qui fut celui de l’image, n’en déplaise aux écrivains disparus avant l’an 2000, et de la globalisation du village, n’en déplaise à nos ancêtres et autres Gaulois des passés qui croyaient tenir la plume.

Le 21è siècle pourrait être celui des mots libérés, n’en déplaise aux amateurs de Twitter et des films muets. D’une orthographe un peu rénovée, d’une grammaire un peu moins conventionnelle, d’une ponctuation moins oldschool : #Occupy les lettres !

De « A » à « Z », n’en déplaise aux « Salieri » du temps des modernes, qui criailleront : « Trop de lettes ! », « Trop de mots ! » ou « Pas assez de virgules ! » devant les mots arts nouveaux (tsars nouveaux ?) comme face aux « Mozart » (mots art ?) d’antan, cela s’entend. Autre temps (futur antans ?), autres mots (maux ?).

Artist : à tout seigneur, tout honneur, Jean Dujardin a fait bouger les lignes, faute de dire les mots à l’écran. Bref, ça farte pour Brice de Nice, c’est le pied pour un Gars et une Fille et OSS 117 fait flotter à Hollywood le drapeau de Mongénéral et du Président René Coty.

BRICS : à tout seigneur aussi … le Brésil est le 1er dans l’alphabet et le plus excitant des grands pays récemment émergés. Et puis, avoir osé construire dés les sixties la capitale du futur puis réinventer Rio au 21è siècle, chapeau bas au pays de la Bossa Nova.

Crise : qu’on se fasse une montagne des opportunités ou un film des risques, ou vice-versa, il y a du changement dans l’air du temps, de la Chine réveillée dans le pipeline & du gaz dans la continuité du fleuve tranquille en Europe. Quoi qu’on en dise ou pense à Paris.

Dégage ! : à part en Chine et en Russie où le changement dans la continuité est bien organisé par le Parti démocratique unique, l’époque est plutôt à l’alternance dans les régions où le pluralisme est institutionnel ou rendu possible par les circonstances.

Energie : quoi qu’on dise des panneaux solaires chinois, qu’on écrive sur le gaz de schiste ou qu’on pense du nucléaire made in France, et vice-versa, le réchauffement climatique est peut-être une bonne nouvelle pour l’Europe avec le pétrole à 120 dollars le baril.

Femme : on dit et écrit depuis un moment que la femme est l’avenir de l’homme. Le sujet est un peu démago la veille du 8 mars et fatalement polémique en saison électorale en Europe, même si Angela Merkel est « le seul dirigeant » sûr(e) de passer 2012. Dont acte.

Globish : like it or not, globish is here to stay. Non pas que ce soit une surprise que la langue du business, de la musique moderne et d’internet s’impose, ni un bonheur que le Français soit devenu un luxe, même en France, mais soyons réaliste, exigeons le possible.

Horreur économique : pour moins de 4 Euros en édition de poche, l’essai pédagogique de Viviane Forrester paru au siècle dernier est une alternative à la masse de papier publié « à chaud » sur la crise et aux tombereaux de « contenus » inégalement crédibles sur internet.

iTruc : quoi qu’on pense de Jobs ou dise d’Apple, & vice-versa, et même si on aimerait que les MacBook soient fabriqués par des Beach Boys et aussi solides qu’au vieux temps, il faut être de très mauvaise foi pour ne pas reconnaître que la pomme n’en est pas une.

Jeune (s’écrit aussi « Djeun ») : aussi incroyable que cela puisse paraître, les djeuns d’aujourd’hui n’étaient pas nés à la disparition du mur de Berlin et la plupart d’entre eux sera bientôt née après l’an 2000. Evidement, il va falloir adapter les éléments de langage.

Kyi (Aung San Suu) : Cristina Kirchner la rebelle était très « tendance » jusqu’à ce que le principe de réalité impose à l’Argentine l’austérité comme partout ailleurs. Aung San Suu Kyi, la patiente « Mandela d’Asie », pourrait être plus « iconique » au début du 21è siècle.

Logement (mal) : on est passé, en moins de temps qu’il n’en fallait pour sauver Boudu des eaux (Renoir, 1932), des Don Quichotte de Saint Martin à Cantona et la loi « véranda ». En attendant, les « Tanguy » ne sont pas prêts d’être propriétaires à Paris à 9000 € le mètre.

Mondialisation : cette fois, il faut se faire une raison, le rideau de fer est tombé sur le siècle dernier et le bruit a réveillé la Chine ; Inde et Brésil sont devenus très sérieux depuis 1 ou 2 décennies et les producteurs de matières 1ères ont pris le train du siècle qui est parti.

Nicosie : les supporters de foot ont généralement autant de sens de l’humour que les militants politiques et autres croyants en uniformes (ce sont souvent les mêmes, ceci expliquant cela) mais les Grecs et d’autres Européens sourient en pensant à Chypre.

Oligarchie : la roue politique tourne, on a essayé pas mal de mots en « isme » au siècle dernier et personne n’est très sûr de la différence entre ceux en « cratie » et ceux en « archie » mais il est à peu près établi que « olig » a effacé « aristo », advienne que pourra.

PME : du temps de Colbert, on plantait des forêts de chênes pour découvrir le monde ; de celui de de Gaulle, on rêvait de sequoia géant californien en chantant small is beautiful ; 2012, on met les bonsaïs à geler au balcon. On a l’esprit d’entreprise(s) qu’on (h)mérite.

Qatar : avant, l’Orient faisait rêver les enfants de mille et une nuits et les plus grands de danse des 7 voiles … maintenant les petits devenus grands vendent des Airbus à Qatar Airways et ceux qui sont restés militants regardent le champion de France sur TV Qatar.

Rire : si l’on voulait paraphraser les « Dead White Writers » d’avant iPad et Kobo, et des humoristes plus optimistes que le regretté Desproges et le regrettable Bedos, on dirait que le 21è siècle aura le sens de l’humour ou ne sera pas. Saint Groucho, priez pour nous !

Siri : de la plume d’oie au clavier virtuel en passant par la Remington, le Bic et la Sténo, malgré les écrivains publics et autres Dragons, on a depuis des millénaires un problème pour écrire un peu vite. En attendant mieux, Siri aidera peut-être à tourner une page.

Talent : le 20è siècle a cherché sa voie entre héritage à préserver et nouvelles vagues à surfer, et décidé … de préserver une sorte de statu quo entre anciennes et modernes élites. Avec le réchauffement climatique, le talent pourrait (re)devenir déterminant au 21è.

Union : il n’est pas impossible que les politiciens français abandonnent, comme les russes, le mot « Union » (pourtant supposé gage de force) si l’UMP suit le chemin électoral de l’UDF. L’Europe aura seule la responsabilité de fédérer les citoyens unionistes du vieux continent.

Vent : on ne sait toujours pas très bien d’avance où le vent peut mener, quelques siècles après la découverte des alizés et bientôt 20 ans après celle du GPS, mais il s’en lève de nouveaux un peu partout, changement climatique ou pas. C’est intéressant, voire excitant.

Watt : on a du mal à savoir si l’Iran souhaite acheter des EPR made in France et à prévoir l’impact de Désertec + la voiture électrique + le Smart Grid sur le mix énergétique en Europe mais il y a 100% de consensus, il faut consommer moins et mieux d’électricité.

X : la génération « X » est, par convention, celle des post baby boomers nés grosso modo entre 1960 et 1980, auxquels le 20è siècle a offert le walkman, la 205 GTI et la Préfon en échange de leur mise en liste d’attente pour les jobs, la politique et les pâtes aux truffes.

Youtube : Youtube a permis à ceux de la génération « Y » qui avaient un terminal et un neurone connecté de découvrir Woody Allen, de voir JFK à Rice University et la pub « 1984 » d’Apple, entre autres. No souci, les geeks trouveront un moyen de surfer ACTA.

Zorba : la Grèce a été victime comme tant d’autres des approximations de l’aide aux pays en développement au 20è siècle. Les Euros couleront moins abondamment dans les DAB d’Athènes mais les banques avaient provisionné et les piscines ne se videront pas toutes.

Enfin (en fin ?), tout ça c’est bien beau mais les mots s’envolent, les écrits restent dans les bibliothèques et la vidéo est quand même un vieux truc du siècle (dé)passé, avec ou sans bigdata, opentruc, bigbro et toussa-toussa : l’enjeu du 21è siècle, c’est la communication « newschool », whatever works.

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Retour vers quelques autres e-books plus ou moins sur l’avenir en chantant (enchanté ?) de l’environnement urbi et orbi, plus que moins sur le présent de la France Ubu et urbi et souvent avec un rien plus que la dose d’humour noir réglementaire co,formément aux normes européennes mais tout juste le minimum syndical de respect de la ponctuation et d’autres conventions toxiques du siècle d’avant 2012.

            
            
              
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Retour vers café du matin à Paris qui est un des rares trucs qui ne réserve pas de mauvaise surprise météo ou autre au 21è siècle (s’il consent à arriver un de ces jours) sauf si on espère des discours lénifiants sur l’avenir du modèle français RTT-Amen-Tartuffe-Elite (ça fait “raté”, amusich, nicht ?), des compliments à la génération Rolex-Audi-Truffe (ça fait “rat”, amusich aussi, nicht aussi ?) ou une admiration dévote pour les éléments de langage pour Twitter et autres affiches collées sur des poubelles, les livres de politiciens pour tables de salon de militants et autres pilons, ou les slogans pour meetings et autres crimes contre l’intelligence en bandes organisées.

 

Please, mind the gap click on the mug for English version.

  

Retour vers un excellent 2012 avec ou sans mots (maux ?) du 21è siècle.

 

Et bonne compétitivité parce que paroles qui s’envolent ou pas, business is toujours business InRealWorld 2012 et personne n’a vraiment de meilleure idée pour payer les factures d’othodontiste des gosses en attendant qu’on ait enfin inventé des dentiers artificiels pratiques, pour acheter les recharges du diffuseur électrique de parfum d’intérieur à 3 sorties dont la pub à la télé passe entre celle d’un nouveau « Senbon » à 1000 Euros le litre et celle d’un truc roulant pour brûler le commerce extérieur et du pétrole à bientôt 2 Euros le litre, ou pour financer un nouvel ordinateur portable parce que même ça n’est plus ce que c’était et l’écran ou un autre morceau un peu essentiel commence généralement à déc… sérieusement en à peine 2 ou 3 ans d’usage, obsolescence programmée juste après la fin de garantie ou pas, ce qui laisse tout juste le temps d’écrire un genre de brouillon de manuscrit entre deux twits dans le métro ou le bus aux horaires où on peut sortir un gadget électronique, de gratter quelques billets de blog dans le train ou l’avion entre deux mails si on peut s’offrir une place assise avec une tablette pas trop envahie par les cheveux du voisin de devant ou écrasée par les coudes de ceux d’à-côté, et de mettre à jour sa page Facebook entre deux paniques bancaires si on est peu ou prou concerné par le crédit-crunch, les taux d’intérêt ou le cours de l’Euro.