Quand on est femme ministre (de l’écologie d’un gouvernement normal de gauche), on ferme sa g…, ou on est démissionnée

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Le limogeage de (complot machiste contre ?) Delphine Batho du ministère de l’écologie réellement socialiste de marché en 2012, nous fait penser que Nicole Bricq en avait elle-même été évincée mi-2012 à peine revenue du sommet des écolocrates de Rio, mais surtout, nous rappelle avec une tendre émotion le vieux cri républicain, presque Audiardien, de Jean-Pierre Chevènement (tiens, au fait, il a quitté son appartement social, lui, ou obtenu une dérogation pour y rester jusqu’à ce que mort s’ensuive, la sienne ou celle des méritants en liste d’attente comme dans ce délicieux film « Le Viager » ?), poussé dans un autre temps : « On ferme sa gueule, ou on démissionne ».

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Quoi qu’il en soit Delphine Batho a été limogée (et byzeway, certains esprits forts observent que Montebourg, qui n’épargne pas le Premier Ministre d’au moins une saillie hebdomadaire, mais n’a jamais contredit publiquement Ségolène Royal ou été en situation de s’opposer à la commande publique sur fonds des tribuables d’une flotte de ségomobiles subventionnée par les tribuables, n’a pas encore été expulsé de son étage à Bercy, lui).

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Les plus cyniques souriront en pensant que quand on sait que de toute façon on sera lourdée au remaniement, ça peut être une bonne stratégie perso, surtout quand on a pas les diplômes permettant de se recaser facilement par réseau, de faire semblant de s’indigner sur un dossier qu’on n’a même pas lu (de fait, son budget direct est réduit de 7% mais c’est plus que compensé par des transferts a priori favorables à l’environnement, notamment pour le logement chez Duflot, qui sait bien qu’on n’est jamais si bien servie par Bercy que quand on pique soi-même aux autres ministres) et de se mettre sur les rangs pour un bon fromage républicain avant que tous les autres remaniés soient sur les bonnes affaires (pour Bricq, on ne comprend vraiment pas pourquoi elle ne fait pas pareil, mais peut-être qu’à son âge, avec une petite retraite privilégiée de sénatrice et un mari politicien de base en Ile de France sans avantages acquis particuliers (ni immense logement de fonctions et/ou social(iste) à prix d’amis garantie à vie à Paris intra muros, même si ça semble assez commun en Normalie) en principe (nom commun, dont certains manquent, et que d’autres ignorent), elle préfère voyager encore un peu en First pour gagner assez de miles Air France pour maintenir son train de vie sans devoir renoncer au café du matin en terrasse quand il fait beau et qu’il n’y a pas encore invasion de fumeurs de cigares et autres puanteries).

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Mais c’est peut aussi la reco de ses communicants politiques en Porsche, de quitter le paquebot Hollande en mélenronchonnant face caméra, pour ne pas rater le départ d’un nouveau France en 2014.

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Mais peu importe, et de toute façon, être ministre l’été, si on n’est pas passionné des places gratuites dans les festivals ou de la gestion des carrières dans son cabinet (quand il y a des bruits de remaniement, ou des opportunités de sauter sur de bons fromages, les conseillers fidèles et militants les moins idiots n’attendent pas la prochaine réduction des enveloppes pour regarder et s’envoler ailleurs), ça n’a guère d’intérêt de rester ministre alors que les administrations ronronnent comme les climatiseurs des hauts fonctionnaires stakhanovistes et/ou ambitieux en ressortant de vieux rapports pour répondre aux questions parlementaires écrites (une fois par an, de nouveaux ou vieux députés reposent de vieilles questions parce que leurs assistants sont en vacances et que personne ne sait utiliser le traitement de texte, et de nouveaux ou vieux fonctionnaires photocopient les mêmes vieilles réponses en actualisant ou inventant quelques chiffres s’il y a quelqu’un qui s’aperçoit que le gisement de réponses date du temps des télex Comatta, c’est une tradition républicaine d’avant Paris-Plages comme de perdre toutes les guerres, même économiques) et que les correspondants et journalistes étrangers savent que la France est arrêtée et respectent sa petite mort annuelle en évitant de téléphoner ou d’envoyer des télégrammes diplomatiques demandant réponse avant octobre). A part Nicole Bricq qui juge crucial d’annoncer quelque chose avant le Festival d’Avignon, ou son propre (second) limogeage, tout le monde la ferme, et comme dirait Chevènement, c’est bien mieux comme ça, de pas bosser comme si on avait (été) démissionné, mais de toucher ses privilèges quand même.

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Ceci twitté, tant qu’on aura Montebourg (que ça ferait désordre de virer, pas tant vis à vis de la droite de la gauche de la gauche dont la gauche normale pourrait avoir besoin pour ne pas devoir donner trop de fromages aux communistes, syndicalistes et autres vieux pirates d’avant l’électricité et #anonymous pour ne pas risquer de perdre trop de mairies en 2014 au cas improbable où les zélecteurs seraient plus cohérents avec eux-mêmes, sobres et lucides que godillots, sourds-aveugles-paralysés, ou abstentionnistes, que parce que comme il faut déjà virer Mosco à cause de Cahuzac et Bricq à cause de Bricq, il faudrait mandater un chasseur de têtes pour repeupler vite et bien Bercy avec des gens capables de faire avancer le schmiliblick, et no seulement c’est pas simple de trouver un cabinet RH ouvert en été, non seulement tous les bons cabinets savent que personne de bon, sensé et capable ne voudrait de Bercy maintenant, mais surtout, budget ne permet pas de payer ça, parce qu’avec des success fees genre un an de salaire de ministre, on pourrait faire un gros cocktail de team building pré-électoral au Festival d’Avignon) … tant qu’on aura l’exceptionnel Montebourg twittais-je, ça gueulera sans démissionner dans les ministères pour confirmer la règle de Chevènement, et assurer qu’il y aura du monde à Paris-Plage comme en 2012, même si la météo est pourrie cet été.

12-07-27-valls-montebourg-fabius-hollande-ayraultEn France, on peut virer une secrétaire, délocaliser une boite rentable, vendre les bijoux de famille au Qatar comme tous les pays normaux et écologistes importateurs de pétrole avec dessous de table, et les vignobles aux Chinois comme tous les pays exemplaires et écologistes exportateurs avec pots de vin, ou limoger un(e) ministre plus ou moins volontaire, mais on ne change pas une équipe de comiques qui s’accrochent aux vieilles pierres en gueulant fort … ou alors, c’est compliqué.

305706_4776888382603_40992208_nAllons enfants, vers un monde plus vert quand même … (et SVP, si vous mâchouilles patriotiquement un chewing gum pendant  la Marseillaise parce que ça vous décontracte mieux que de penser à la France, ne le jetez pas par terre comme les manifestants ou comme votre mégot -pas biodégradable, byzeway, mieux vaut se rouler son tabac sans filtre, si on est écolo, et pas milliardaire-, ça va coûter une fortune en karcher bio à la Mairie de nettoyer avant Paris-Plage sous la pluie grosse comme les sincèrement tristes larmes de crocodiles #UMP pour Batho #PS courant Fabius/Dray/SOSRacisme/Ségo, les saletés de toutes ces manifs d’avant pour tous, envers rien ou son contraire, ou contre tout, de depuis le dernier Paris-Plage sous la pluie grosse comme les si purement politiciennes larmes de crocodiles #EELV pour Batho #PS normal pas courant vert incrusté aux maroquins avec privilèges et/ou fauteuils en velours avec avantages acquis), en marche arrière vers les Trente Glorieuses et le temps des BD avec humour qui sont les références principales de la promo Voltaire, avec les Soviets mais bientôt sans électricité pour lire les rapports d’expert sur l’environnement global, ceux de la Cour des Comptes sur la France, et ceux des consultants anglo-saxons sur la réforme de l’état.

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Tout ça n’est ni très important, puisque ça concerne la France, ni très sérieux puisque ça s’agite autour de la pyramide du Louvre, pas des ruines en Egypte, ni très durable, puisque cela concerne le gouvernement provisoire rose-vert, pas la pierre de Rosette, mais ça mérite quand même un (re)twit ou deux en français, avec le café.

Larzac 2.0 ou Flughafen XXIè siècle à Notre-Dame-des-Landes ? Les deux, probablement …

L’opposition au projet d’aéroport à Nantes rassemble très hexagonalement les #occupy de l’étape contrariés par le risque de disparition d’une race de batraciens, attachés à leur sam’suffit et/ou n’aimant pas l’avion, et l’écolocosme du national-protestationnisme canal historique.

Avant, tous les candidats écolos à l’élection présidentielle venaient manifester devant les caméras ensemble à Nantes, mais c’était avant les primaires EELV.

Avant, Cécile Duflot venait parler en public avec tous les apparatchicks EELV et autres écologistes candidats à un maroquin, mais c’était avant les élections présidentielles et le rituel du chili con carne familial du week-end.

Maintenant, c’est un brin plus compliqué, avec toutes les récupérations, même si les corps et les esprits demeurent très verts.

Le canal historique écolo vient en pélérinage se souvenir du bon vieux temps du Larzac.

Le médiécolo en chambre (des députés) « tombe de l’armoire » (placard doré ?).

Les djeuns écolos sportifs viennent faire de l’exercice devant les caméras.

Les djeuns écolos notables viennent prendre l’air devant les micros.

Même les écolobabas sont là.

Et les écolotwittos qui n’ont pas pu venir forwardent des messages de solidarité et des images mobilisatrices dans le cloud.

Mais il y aussi les militants tendance #occupy venus voir à la campagne s’il y aurait moins de vent et plus de caméras que sous l’arche de la Défénse.

Et globalement tout le protestatocosme parisien et/ou exilé à Strasbourg qui avait piscine le jour de la manif de « solidarité européenne » en semaine bravera le crachin nantais en TGV (1ère ou 2nde classe selon grade et ancienneté) pour profiter de la solide présence médiatique.

Bref, il faudra être vu, filmé, et si possible interviewé à Nantes ce week-end pour préparer les élections à la proportionnelle de 2014, voire pour se positionner pour après le remaniement ministériel, au cas où il y aurait encore des sièges réservés pour les écolocrates. Quant à savoir s’il y a vraiment besoin d’un référendum citoyen, d’un séminaire intergouvernemental, d’un Grenelle de Notre-Dame-des-Landes … ou d’un nouvel aéroport à Nantes, il faudrait soit être directement concerné, soit instrumentalisé, soit instrumentalisant, soit compétent et/ou bien informé pour exprimer un avis, d’autant que les promoteurs du projet on quand même fait de gros efforts, de greenwashing ruineux diront les uns, de respect contraint et forcé mais réel de l’environnement, murmureront les autres en attendant que les écolos soient repartis barouder ailleurs avec journalistes et caméras, pendant que l’herbe repoussera tranquillement entre les pistes et sur les toits.

Ceci écrit, on ne peut que regretter que les activistes français et leurs sponsors manquent de compétitivité question logo : l’avion noir est vraiment ringard poilaupattes, même pas niveau Larzac, par rapport au joli soleil « Atomkraft, nein danke » qui décorait si bien les coccinelles des années 80.

Moche logo vert noir et rouge et protestationnisme d’écolocosme sans talent, nein danke ! Lieber Développement Démocratique Durable als GreenSurfing, et plutôt faire un don à http://www.wwf.fr/ que sponsoriser la SNCF pour aller à Nantes, même avec compensation carbone du billet sur http://www.actioncarbone.org/.

Renaud Favier – 17 novembre 2012

Quoi qu’il en soit, qu’on soit, ou pas, en route pour LA manif à Nantes, en train de se préparer un sac à dos pour un week-end au vert ou de se brosser les dents avant de prendre le métro ou un truc du genre, si on peut porter un Kindle et si on sait télécharger sur Amazon, on peut emporter dans sa poche une bibliothèque électronique entière pas nocive pour le neurone ni pour le dos, maintenant. Quelques échantillons en cliquant sur les icônes.

        

Si on a un SmartPhone ou un hybride moderne, on peut également lire online ou télécharger plein de livres électroniques sur la plateforme française Youscribe (nb le format pdf disponible sur Youscribe est assez pratique sur grand écran et moins fantaisiste que ePub à l’impression en format A4). Quelques exemples en cliquant sur les icônes ci-dessous.

               
               
         
           
        

Et si on préfère lire ce qui est gratuit, rapport à l’argent, ou parce qu’on en fait une question de principe, ou parce que c’est la crise, par exemple, on n’a qu’à cliquer sur les icônes ci-dessous pour télécharger des livres électroniques, mais pas tristes, à l’oeil.

       

Et puis, si on est vraiment fanatique du commerce extérieur français qui ne s’est pas tellement amélioré depuis que la nouvelle Ministre achète des sacs à main made by France à l’étranger pour doper les chiffres de l’export en mouillant elle-même le chemisier, ou passionné par la compétitivité des entreprises françaises avant les éléments de langage des conseillers en communication de Montebourg ; le rapport Gallois ; le Plan Hollande au XXIè siècle, ou si on a un peu besoin de se documenter sur le sujet en mode un peu “think different” pour son boulot ou ses études, on peut aussi e-lire gratuitement sur le sujet en cliquant ci-dessous.

          

Le bonus de saison (pas d’angoisse, cliquer sur l’image est sans danger de tomber sur de la propagande pour ou contre l’aéroport de Nantes, l’opposition à l’aéroport de Nantes, la manif contre l’aéroport de Nantes, l’instrumentalisation de l’aéroport de Nantes ou le greensurfing en général).

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#Greenpeace joue les #Hulot contre le #Nucléaire à #Bugey #France : So What ?

Greenpeace a l’humour oldschool avec ses cabrioles en parapente comme au temps de Hulot et Ushuaïa. Mais c’est bien d’avoir respecté la loi en attendant la fin des congés pour démarrer la tondeuse à gazon. Et futé d’avoir choisi le 2 mai, jour du débat Sarkozy-Hollande.

Quant à savoir si le paramoteur à moteur à explosion ou le nucléaire sont des (tran)sports (aériens) dangereux, des plaisirs de vieux riches ou des passe-temps pour ingénieurs français désoeuvrés depuis qu’on a inventé en France le chômisme des cols blancs combiné avec l’exil des talents mobiles, la mise à la retraite d’office des chercheurs et la délocalisation des centres de recherche en Chine ou n’importe où ailleurs et les prodiges de la technologie que le monde entier nous envie même s’il ne les achète pas et s’il ricane un peu sous cape quand un de nos « Concordes » fait faillite ou se crashe, c’est un vaste débat qu’il convient de n’engager que si on a le sens de l’humour bien accroché et pas trop d’idées préconçues dans un sens ou l’autre parce que certaines spécialités françaises, le nucléaire et l’amour notamment, sont quand même un peu compliquées.

Faute de meilleures certitudes, et ce n’est pas un débat à la télévision française qui va régler les controverses d’un trait de plume, on peut espérer que le niveau de risque réel dépend notamment de la qualité de fabrication, de la technique du pilote, du soin apporté au matériel, du bon usage de la machine en père de famille exemplaire (c’est un peu comme la finance) et de la peur du gendarme français.

Evidemment, en cas de crash, on regrettera toujours un peu de ne pas avoir choisi un autre … sport. Ou alors on ne regrettera plus rien du tout, ni personne, et selon les cas et la popularité de la victime, plus ou moins de gens pourront exprimer plus ou moins bruyamment leurs regrets éternels. Mais c’est pareil avec tous les sports mécaniques quand on laisse les ingénieurs français s’en occuper et les politiciens professionnels réguler (c’est vraiment comme la finance).

Evidemment, en général on arrête les dégats dés la première vraie alerte grave et sérieuse, le premier incident réel et préoccupant. Mais un peu de « pression à froid » par des proches (ou des voisins qui en ont marre des nuisances) ne peut pas faire de mal,  pour convaincre les sportifs d’arrêter les c… avant d’avoir un vrai souci, avant qu’il y ait crise cardiaque comme chez les footballeurs ou mort(s) d’homme(s) comme chez les nageurs norvégiens.

Ceci (mé)dit, le coup est plutôt malin de la part de Greenpeace, si c’est sympa de leur part d’avoir fait la promo de la région de Bugey où de vrais agriculteurs de terroir (notamment vignerons), font de magnifiques produits (notamment le vin de Cerdon) et s’ils ont raison de faire du buzz, même si on aimerait qu’ils sortent un peu de leur vieux fond de commerce « Nuklear, nein danke » du temps des SS20 et s’occupent aussi, entre eux campagnes électorales et autres compétitions de parachutisme plus ou moins acrobatique, d’autres causes environnementales méritantes dont les lobbies ont les poches moins profondes et dont les apparatchiks sont moins en effervescence pavlovienne pour cause d’espoirs post-électoraux ou de préparation des vacances au sommet de Rio (no comment sur Copenhague, of course). Ou alors qu’ils militent pour le paramoteur électrique à énergie solaire et  diffusent des informations sur comment ça va autour de Fukushima s’ils sont vraiment accros (acrobates ?) à l’anti-nucléarisme primaire et que les mesures de sécurité autour des bâtiments publics français non nucléaires sont trop renforcées en saison électorale.

Parce que l’ours polaire qui se demande s’il va d’abord se noyer loin des caméras à cause de la fonte de sa banquise, mourir de faim sans avoir été interviewé à cause de la raréfaction de tout ce qui est plus ou moins comestible ou défunter avant toute chose de la radioactivité de ce qu’il trouve encore à boire et manger, voire de l’eau dans laquelle il nage, sans avoir été invité, sinon à Rio comme tout le petit monde de l’écologisme professionnel, au moins à un vidéo-Grenelle sur le développement démocratique durable, il manque peut-être un peu d’humour, en ce moment.

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Pour plus d’informations, lire des #eBook garantis non radioactifs (mais pouvant contenir des traces d’humour) sur http://www.youscribe.com/renaudfavier/, aller se promener sur un blog où on risque pas un de prendre un paramoteur sur la tête http://renaudfavier.com/ ou “liker” un café en attendant le débat à la TV où les candidats parleront sûrement un peu d’industrie, de sécurité, et de compétitivité française en général, de nucléaire en particulier http://www.facebook.com/cafe.matin.paris.

          
          
         
         
       

RF 2 Mai 2012.

Les mots râlent, en français du 21ème siècle

Sartre avait emprisonné (empoisonné ?) le concept des mots aux 20è siècle, qui fut celui de l’image, n’en déplaise aux écrivains disparus avant l’an 2000, et de la globalisation du village, n’en déplaise à nos ancêtres et autres Gaulois des passés qui croyaient tenir la plume.

Le 21è siècle pourrait être celui des mots libérés, n’en déplaise aux amateurs de Twitter et des films muets. D’une orthographe un peu rénovée, d’une grammaire un peu moins conventionnelle, d’une ponctuation moins oldschool : #Occupy les lettres !

De « A » à « Z », n’en déplaise aux « Salieri » du temps des modernes, qui criailleront : « Trop de lettes ! », « Trop de mots ! » ou « Pas assez de virgules ! » devant les mots arts nouveaux (tsars nouveaux ?) comme face aux « Mozart » (mots art ?) d’antan, cela s’entend. Autre temps (futur antans ?), autres mots (maux ?).

Artist : à tout seigneur, tout honneur, Jean Dujardin a fait bouger les lignes, faute de dire les mots à l’écran. Bref, ça farte pour Brice de Nice, c’est le pied pour un Gars et une Fille et OSS 117 fait flotter à Hollywood le drapeau de Mongénéral et du Président René Coty.

BRICS : à tout seigneur aussi … le Brésil est le 1er dans l’alphabet et le plus excitant des grands pays récemment émergés. Et puis, avoir osé construire dés les sixties la capitale du futur puis réinventer Rio au 21è siècle, chapeau bas au pays de la Bossa Nova.

Crise : qu’on se fasse une montagne des opportunités ou un film des risques, ou vice-versa, il y a du changement dans l’air du temps, de la Chine réveillée dans le pipeline & du gaz dans la continuité du fleuve tranquille en Europe. Quoi qu’on en dise ou pense à Paris.

Dégage ! : à part en Chine et en Russie où le changement dans la continuité est bien organisé par le Parti démocratique unique, l’époque est plutôt à l’alternance dans les régions où le pluralisme est institutionnel ou rendu possible par les circonstances.

Energie : quoi qu’on dise des panneaux solaires chinois, qu’on écrive sur le gaz de schiste ou qu’on pense du nucléaire made in France, et vice-versa, le réchauffement climatique est peut-être une bonne nouvelle pour l’Europe avec le pétrole à 120 dollars le baril.

Femme : on dit et écrit depuis un moment que la femme est l’avenir de l’homme. Le sujet est un peu démago la veille du 8 mars et fatalement polémique en saison électorale en Europe, même si Angela Merkel est « le seul dirigeant » sûr(e) de passer 2012. Dont acte.

Globish : like it or not, globish is here to stay. Non pas que ce soit une surprise que la langue du business, de la musique moderne et d’internet s’impose, ni un bonheur que le Français soit devenu un luxe, même en France, mais soyons réaliste, exigeons le possible.

Horreur économique : pour moins de 4 Euros en édition de poche, l’essai pédagogique de Viviane Forrester paru au siècle dernier est une alternative à la masse de papier publié « à chaud » sur la crise et aux tombereaux de « contenus » inégalement crédibles sur internet.

iTruc : quoi qu’on pense de Jobs ou dise d’Apple, & vice-versa, et même si on aimerait que les MacBook soient fabriqués par des Beach Boys et aussi solides qu’au vieux temps, il faut être de très mauvaise foi pour ne pas reconnaître que la pomme n’en est pas une.

Jeune (s’écrit aussi « Djeun ») : aussi incroyable que cela puisse paraître, les djeuns d’aujourd’hui n’étaient pas nés à la disparition du mur de Berlin et la plupart d’entre eux sera bientôt née après l’an 2000. Evidement, il va falloir adapter les éléments de langage.

Kyi (Aung San Suu) : Cristina Kirchner la rebelle était très « tendance » jusqu’à ce que le principe de réalité impose à l’Argentine l’austérité comme partout ailleurs. Aung San Suu Kyi, la patiente « Mandela d’Asie », pourrait être plus « iconique » au début du 21è siècle.

Logement (mal) : on est passé, en moins de temps qu’il n’en fallait pour sauver Boudu des eaux (Renoir, 1932), des Don Quichotte de Saint Martin à Cantona et la loi « véranda ». En attendant, les « Tanguy » ne sont pas prêts d’être propriétaires à Paris à 9000 € le mètre.

Mondialisation : cette fois, il faut se faire une raison, le rideau de fer est tombé sur le siècle dernier et le bruit a réveillé la Chine ; Inde et Brésil sont devenus très sérieux depuis 1 ou 2 décennies et les producteurs de matières 1ères ont pris le train du siècle qui est parti.

Nicosie : les supporters de foot ont généralement autant de sens de l’humour que les militants politiques et autres croyants en uniformes (ce sont souvent les mêmes, ceci expliquant cela) mais les Grecs et d’autres Européens sourient en pensant à Chypre.

Oligarchie : la roue politique tourne, on a essayé pas mal de mots en « isme » au siècle dernier et personne n’est très sûr de la différence entre ceux en « cratie » et ceux en « archie » mais il est à peu près établi que « olig » a effacé « aristo », advienne que pourra.

PME : du temps de Colbert, on plantait des forêts de chênes pour découvrir le monde ; de celui de de Gaulle, on rêvait de sequoia géant californien en chantant small is beautiful ; 2012, on met les bonsaïs à geler au balcon. On a l’esprit d’entreprise(s) qu’on (h)mérite.

Qatar : avant, l’Orient faisait rêver les enfants de mille et une nuits et les plus grands de danse des 7 voiles … maintenant les petits devenus grands vendent des Airbus à Qatar Airways et ceux qui sont restés militants regardent le champion de France sur TV Qatar.

Rire : si l’on voulait paraphraser les « Dead White Writers » d’avant iPad et Kobo, et des humoristes plus optimistes que le regretté Desproges et le regrettable Bedos, on dirait que le 21è siècle aura le sens de l’humour ou ne sera pas. Saint Groucho, priez pour nous !

Siri : de la plume d’oie au clavier virtuel en passant par la Remington, le Bic et la Sténo, malgré les écrivains publics et autres Dragons, on a depuis des millénaires un problème pour écrire un peu vite. En attendant mieux, Siri aidera peut-être à tourner une page.

Talent : le 20è siècle a cherché sa voie entre héritage à préserver et nouvelles vagues à surfer, et décidé … de préserver une sorte de statu quo entre anciennes et modernes élites. Avec le réchauffement climatique, le talent pourrait (re)devenir déterminant au 21è.

Union : il n’est pas impossible que les politiciens français abandonnent, comme les russes, le mot « Union » (pourtant supposé gage de force) si l’UMP suit le chemin électoral de l’UDF. L’Europe aura seule la responsabilité de fédérer les citoyens unionistes du vieux continent.

Vent : on ne sait toujours pas très bien d’avance où le vent peut mener, quelques siècles après la découverte des alizés et bientôt 20 ans après celle du GPS, mais il s’en lève de nouveaux un peu partout, changement climatique ou pas. C’est intéressant, voire excitant.

Watt : on a du mal à savoir si l’Iran souhaite acheter des EPR made in France et à prévoir l’impact de Désertec + la voiture électrique + le Smart Grid sur le mix énergétique en Europe mais il y a 100% de consensus, il faut consommer moins et mieux d’électricité.

X : la génération « X » est, par convention, celle des post baby boomers nés grosso modo entre 1960 et 1980, auxquels le 20è siècle a offert le walkman, la 205 GTI et la Préfon en échange de leur mise en liste d’attente pour les jobs, la politique et les pâtes aux truffes.

Youtube : Youtube a permis à ceux de la génération « Y » qui avaient un terminal et un neurone connecté de découvrir Woody Allen, de voir JFK à Rice University et la pub « 1984 » d’Apple, entre autres. No souci, les geeks trouveront un moyen de surfer ACTA.

Zorba : la Grèce a été victime comme tant d’autres des approximations de l’aide aux pays en développement au 20è siècle. Les Euros couleront moins abondamment dans les DAB d’Athènes mais les banques avaient provisionné et les piscines ne se videront pas toutes.

Enfin (en fin ?), tout ça c’est bien beau mais les mots s’envolent, les écrits restent dans les bibliothèques et la vidéo est quand même un vieux truc du siècle (dé)passé, avec ou sans bigdata, opentruc, bigbro et toussa-toussa : l’enjeu du 21è siècle, c’est la communication « newschool », whatever works.

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Retour vers quelques autres e-books plus ou moins sur l’avenir en chantant (enchanté ?) de l’environnement urbi et orbi, plus que moins sur le présent de la France Ubu et urbi et souvent avec un rien plus que la dose d’humour noir réglementaire co,formément aux normes européennes mais tout juste le minimum syndical de respect de la ponctuation et d’autres conventions toxiques du siècle d’avant 2012.

            
            
              
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Retour vers café du matin à Paris qui est un des rares trucs qui ne réserve pas de mauvaise surprise météo ou autre au 21è siècle (s’il consent à arriver un de ces jours) sauf si on espère des discours lénifiants sur l’avenir du modèle français RTT-Amen-Tartuffe-Elite (ça fait “raté”, amusich, nicht ?), des compliments à la génération Rolex-Audi-Truffe (ça fait “rat”, amusich aussi, nicht aussi ?) ou une admiration dévote pour les éléments de langage pour Twitter et autres affiches collées sur des poubelles, les livres de politiciens pour tables de salon de militants et autres pilons, ou les slogans pour meetings et autres crimes contre l’intelligence en bandes organisées.

 

Please, mind the gap click on the mug for English version.

  

Retour vers un excellent 2012 avec ou sans mots (maux ?) du 21è siècle.

 

Et bonne compétitivité parce que paroles qui s’envolent ou pas, business is toujours business InRealWorld 2012 et personne n’a vraiment de meilleure idée pour payer les factures d’othodontiste des gosses en attendant qu’on ait enfin inventé des dentiers artificiels pratiques, pour acheter les recharges du diffuseur électrique de parfum d’intérieur à 3 sorties dont la pub à la télé passe entre celle d’un nouveau « Senbon » à 1000 Euros le litre et celle d’un truc roulant pour brûler le commerce extérieur et du pétrole à bientôt 2 Euros le litre, ou pour financer un nouvel ordinateur portable parce que même ça n’est plus ce que c’était et l’écran ou un autre morceau un peu essentiel commence généralement à déc… sérieusement en à peine 2 ou 3 ans d’usage, obsolescence programmée juste après la fin de garantie ou pas, ce qui laisse tout juste le temps d’écrire un genre de brouillon de manuscrit entre deux twits dans le métro ou le bus aux horaires où on peut sortir un gadget électronique, de gratter quelques billets de blog dans le train ou l’avion entre deux mails si on peut s’offrir une place assise avec une tablette pas trop envahie par les cheveux du voisin de devant ou écrasée par les coudes de ceux d’à-côté, et de mettre à jour sa page Facebook entre deux paniques bancaires si on est peu ou prou concerné par le crédit-crunch, les taux d’intérêt ou le cours de l’Euro.